Caméra à l'épaule
J'ai un vieux contentieux avec l'utilisation abusive de la caméra à l'épaule au cinéma. Et je m'aperçois avec plaisir, et en toute modestie, que de plus en plus de professionnels sont d'accords avec moi. Éric Rochant est le dernier exemple en date. Dans le numéro de décembre 2010 de Studio, le réalisateur déclare qu'il considère que c'est devenu un nouvel académisme. Bien installé sur le trône, car c'est là que je lis cette revue que me donne gracieusement un ami, cette déclaration m'a fait plaisir.
Mais le metteur en scène d'Un monde sans pitié n'est pas le seul à critiquer l'utilisation trop fréquente de cette technique, en particulier pour les films d'action. Florent Emilio Siri explique dans une interview commune avec John McTiernan à Impact que "ça s'utilise pour des raisons biens spécifiques, pour faire passer des émotions, mais pas sur tout un film." Et il m'appris que souvent ces images "tournées camera à l'épaule" sont en fait "secouées" par ordinateur ! Même des gens doués pour filmer comme Olivier Assayas ont tendance à trop y faire appel. C'est ainsi le cas dans Carlos, même si le film est une réussite.
Je suis d'autant plus sensible à cette problématique que pour des raisons physiologiques, une camera trop mobile me donne le mal de mer. Sortir d'une salle de cinéma, comme pour Le nouveau monde de Terrence Malick n'a rien d'agréable.
Un de mes autres chevaux de bataille est le trop grand découpage des scènes d'action dans les films actuels. Si cette technique est sensée donner une énergie à la scène, elle a pour moi l'extrême désavantage de rendre la scène illisible. J'ai d'ailleurs parfois envie de fermer les yeux ! Je vais même jusqu'à dire qu'un film comme La mort dans la peau (The Bourne Supremacy) n'est pas regardable. Rares sont les réalisateurs comme Tsui Hark à pouvoir le faire en permettant à l'action d'être lisible.
0 commentaires:
Post a Comment