Wednesday, March 11, 2009

Be a "mensch"

C'est le conseil du docteur et voisin de Jack Lemmon dans La garçonnière de Billy Wilder. Employé de bureau dans une compagnie d'assurance à New-York, son personnage, CC Baxter a eu le malheur de prêter une fois son nid douillet à l'un de ses supérieurs pour qu'il passe un agréablement moment avec une jeune femme. Depuis il ne peut plus rien leur refuser. Du moins jusqu'à ce que Fran Kubelik, une jeune liftière de la société au charme duquel il est sensible, rentre dans la danse... A lui de devenir un homme qui sait dire non à ses supérieurs.

Il y a quelques jours, je comblais mon déficit dans la connaissance de la filmographie du célèbre réalisateur américain en regardant Le gouffre au chimère et j'ai eu subitement envie de revoir cette comédie avec Jack Lemmon et Shirley MacLean, qui était toute fraîche à l'époque. Comme d'habitude avec Wilder, les dialogues sont drôles et intelligents. C'est pour cela qu'il est l'un des mes réalisateurs préférés. Parfois, comme dans La Scandaleuse de Berlin, il va même encore plus loin et est carrément subversif. Ce qu'il le distingue de beaucoup d'autres, c'est qu'il le fait avec une grande classe. Et puis bon, c'est quand même sans doute dans sa tête qu'à germer l'idée de faire partager la couchette de train de Marylin Monroe par un homme déguisé en femme (Jack Lemmon encore lui). Je pense que cette idée donne toute la dimension du génie du bonhomme.

Friday, June 06, 2008

Attention départ

Mes destinations pour cet été ne cessent de se dérober. Jusqu'à présent, mon passage était annonciateur de la tempête; cette année elle me précède. A l'origine, je devais concrétiser un rêve imaginé à l'aube du nouveau siècle et accompli dans une version tronquée en 2001. Il s'agissait de rejoindre Bombay en partant de Rawalpindi, au nord-ouest du Pakistan, via Kashgar, dans l'ouest de la Chine, avant plonger dans le « far-west » tibétain, direction Katmandou. Cette route passe dans une zone disputée par la Chine et l'Inde, donc « off limits », mais les autorités chinoises étaient moins strictes avec les voyageurs ces dernières années. Du moins jusqu'aux récentes émeutes de Lhassa et la fermeture du Tibet aux touristes. J'avais donc décidé d'avancer d'une année mon projet de voyage entre Irkoutsk et Vladivostok. Mais finalement, le « feu sacré » du voyage d'été ne brillait que faiblement cette année. C'est peut être en raison du souvenir de ces villes déprimantes de la région de la Volga visitées en 2007, annonciatrices de mon état d'esprit de ces derniers mois.

J'ai reporté mon choix sur la Jordanie et le Liban. Petra est un des sites de la planète que je tiens à visiter, et si j'ai passé une semaine en Syrie en 2007, c'est simplement en raison du prix du billet d'avion pour Beyrouth. Malheureusement, la situation s'est subitement tendue au Liban au cours des premiers jours de mai. Je n'irai donc pas au pays du cèdre, mais poursuivrait ma route au-delà de la Syrie en Turquie. J'ai déjà parcouru une bonne part de la route de la soie, mais pas la section qui traverse la patrie de Kemal Atatürk.

Sunday, April 01, 2007

Le printemps « officiel » est là et les vacances se rapprochent. Le festival Culture et Aventure m’a sorti de mon profond endormissement hivernal, réveillant en moi de nouvelles envies de départ. J’ai découvert pour la première fois le film de Christian avec qui j’avais fait un bout de chemin dans le Wakhan tadjik. Son film a fait ressurgir plein d’agréables souvenirs et m’a fait découvrir ses autres pérégrinations. Devant la qualité de l’ouvrage, l’idée de filmer mes échappées estivales revient une nouvelle fois me titiller. Le principal problème est celui du poids. J’essaye de partir de moins en moins chargé chaque année, or qui dit caméra dit pied…

Cette année, je vais prendre la direction de Saint-Pétersbourg pour 15 jours de russe intensif. J’espère que le déclic va enfin avoir lieu et que je vais enfin pouvoir m’exprimer avec plus d’aisance à l’oral. Les 15 jours suivants devraient être consacrées à la visite de l’Azerbaidjian. Mais à quoi ressemble donc ce fameux Caucase ?

Monday, September 25, 2006





Christophe à la yourte avec Richard Gere

Mon séjour s’approche de sa fin et je quitte la capitale afin de passer quelques jours sur les haut-pâturages du lac Song Köl. Je devais faire cette étape en 2003, mais comme pour le Tadjikistan, j'avais dû renoncer car mon plan de voyage s'était révélé trop ambitieux. Je ne trouve malheureusement pas de nouveaux compagnons pour remplacer Christian et Ed. Le voyage pour rejoindre le village de Kochkor, base de départ pour rejoindre le lac, se déroule sans problème et sur de belles routés goudronnées. Je passe la nuit au gîte de Shepherd's life qui développe l’éco-tourisme dans cette région. Le lendemain matin, le chauffeur qui doit m’emmener au lac vient me chercher. Etrangement, on dirait la réincarnation kirghize de Richard Gere et il est tellement grand qu'il doit courber l'échine pour conduire sa Lada. Sa conduite est sportive, mais quel conducteur kirghiz ne fait pas de même. Nous franchissons un premier col qui nous livre une vue magnifique des reliefs de la région, puis une dernière passe avant le lac. Un troupeau de yacks nous a devancés tandis que les fermiers arrivent avec leurs yourtes et tous leurs équipements en camion.

Je dois passer la première nuit dans une yourte à quelque distance du lac, que je j'aperçois au loin. Cette famille ou plutôt ce clan, car dans le Kirghizstan moderne cette structure garde toute son importance, est propriétaire d'un cheptel assez conséquent de vaches, chèvres et chevaux. Ces quelques heures me ramènent des années en arrière à la ferme de mon grand-père. Le soir, les vaches et les chèvres en quasi-liberté dans la journée sont conduites dans un enclos. Et oui, des loups peuvent roder. Les vaches sont traitent à la main comme le faisait ma tante Lucie dans les Côtes d'Armor. La machine à remonter le temps s'emballe même un peu car le lendemain ce lait sera passé à la baratte, alors que je n'ai jamais vu fonctionner l'immense baratte verte qui trônait dans une des pièces de la ferme maternelle. A défaut, je m'amusais à faire fonctionner le mécanisme dans le vide. A Song-Köl, les femmes et les jeunes hommes se relaient à tour de rôle pour accomplir cette tâche dévoreuse de temps. Je les regarde se relayer tour en prenant mon thé et en goûtant la crème toute juste sortie de l'appareil.

Pour cette première journée à Song-Köl, le temps n'est pas avec moi. Au moment où je m'éloigne du campement, une tempête de grêle, avec des grêlons d'un bon centimètre de diamètre, s'abat sur moi. En quelques minutes, je suis passé de l'été à l'hiver. Je préfère ne pas faire l'expérience du véritable hiver de cet endroit.

Le lendemain matin, la grande affaire est la blessure d'un cheval. Sa blessure est dégagée à l'aide d'un rasoir puis nettoyée avec un savon désinfectant. Plus tard dans la matinée, je déménage dans une yourte plus proche du lac. A la différence de la précédente, il ne s'agit pas d'une ferme. Mon hôte travaille le reste de l'année à Bishkek et tient un B&B sous yourte pendant l'été avec sa belle soeur et son bébé, ainsi qu'avec sa soeur. Il emprunte deux chevaux à son voisin et je prends ma deuxième leçon de cheval, une heure cette fois-ci. Le temps est avec moi aujourd'hui, mais malheureusement le canasson ne veut en faire qu'à sa tête et cette sortie en direction des montagnes environnantes devient vite frustrante.

D'autres yourtes sont implantées dans le environs, formant un petit village. J'aperçois de nombreux troupeaux tant de chevaux que d'ovidés. Je me promène près du lac et je rencontre une jeune berger, mais nous ne pouvons pas communiquer. Un des chevaux va prendre un bain dans le lac et il semble assez fier d'aller le récupérer sous l'oeil de mon objectif. Il m'invite à prendre le thé sous sa yourte et au moment où je décline l'invitation, sa mère en sort et me fait également signe. Une nouvelle fois, thé et crème me sont proposés dans cette yourte ordinaire. Après avoir remercié Allah pour cette collation en nous passant les mains sur le visage, je regagne mon campement.

Ce week-end à la ferme marque la fin de mon séjour en Asie Centrale. Assis à l'arrière d'un Audi 100 vintage en compagnie de deux jeunes femmes kirghizes, je regagne Bishkek à fond de train. Comme le dit la chanson, this is the end.

Wednesday, September 20, 2006




Bishkek

Après Osh, j'effectue ma seconde visite dans la capitale khirgize. Vous ai je déjà dit que les kirghizes sont les plus jolies filles d'Asie Centrale ? Je le pensais en 2003 et assis à une terrasse d'un bar pour expatriés, je le vérifie encore. J'aperçois des visages asiatiques « classiques », d'autres avec des pommettes plus larges, héritage des mongols et que je trouve fascinantes. Elles partagent ce trait physique avec les coréennes, qui sont sans doute les plus belles asiatiques. Hasard de l'histoire, ou plutôt volonté de Staline, l'Asie Centrale comprend une communauté de coréens. Ceux-ci ont été déportés en 1937 de l'Extrême-Orient soviétique de crainte qu'ils ne collaborent avec les japonais, qui occupaient alors la Corée. La junk food ne règnent pas encore en maître, les jeunes femmes kirghizes conservent donc encore cette finesse et au final cette grâce qui ne doit pas être étrangère à la fascination qu'elles exercent sur les occidentaux. Pour les hommes qui préfèrent les blondes, les russes sont encore nombreuses dans la capitale kirghize... Si vous n'êtes pas convaincu : eastmodels

En compagnie d'Ed, nous profitons de nos soirées pour regarder quelques matches de la coupe du monde de football en buvant quelques bières. Nous nous séparons le lendemain car je pars pour le week-end au lac Song-kol et lui doit régler des détails administratifs pour son futur retour. Je le retrouverais par hasard à mon retour dans un restaurant, ce qui nous permettra de passer une dernière soirée ensemble. Décidément, le sort ne voulait pas notre séparation. Alors qu'Ed devait partir tôt le lendemain pour faire un périple de plusieurs jours à cheval, il est finalement retardé par sa lessive qui n'était pas prête. Je le croise donc en début de soirée près de mon hôtel au moment où je prend la direction de l'aéroport et lui celle de la gare routière.

Un soir où je me ballade dans le centre de la ville, deux policiers me demandent mes papiers. Je m'apprête à leur montrer la photocopie de mon visa, mais ils me demandent d'abord si je suis anglais ? Je leur réponds non et du coup ils me laissent partir sans rien vérifier !

A la fin de mes voyages, surtout comme celui-ci où je n'ai pas dépassé mon budget, j'aime bien m'offrir quelques plaisirs comme celui de manger dans des bons restaurants. Mais bizarrement, à force de manger et dormir pour trois francs six sous, je rechigne à payer 15 dollars pour manger dans un des meilleurs restaurants de la ville. L'attente est longue au Four Season, mais sa terrasse isolée de la rue est très agréable. Je mange à côté de soldats américains en civil en provenance de la base aérienne de Manas, mais aussi de membres de l'Organisation de Sécurité de Coopération en Europe, dont un français qui se distingue avec son Leica au milieu des compacts numériques.

Saturday, September 16, 2006





Ouf Osh

Nous sommes de retour dans la plaine et la chaleur aussi. Nous avons pris nos quartiers à la Osh Guesthouse, qui s'avère être un appartement dans un de ces immeubles soviétiques anonymes disséminés dans l'ex-empire. Des étudiants sont en charge de cette « maison d'hôte », dont la cuisine et le frigidaire sont dans un état indescriptible. J'ai préféré mangé dehors tout au long de mon passage. Seule différence, et de taille, avec un appartement d'étudiants occidentaux, l'alcool est interdit. Nos hôtes sont des musulmans pratiquants. A ce stade du voyage, mon niveau de fatigue entrave sérieusement mes maigres capacités en russe et je profite de ce court séjour pour me reposer.

Je séjourne pour la deuxième fois à Osh, où je m'étais déjà rendu en 2003 en provenance de la vallée du Ferghana en Ouzbekistan. Deuxième plus grande ville du Kirghizstan, elle est dominée par une éminence rocheuse baptisée le trône de Salomon qui est l'un des lieux saints les plus visités d'Asie Centrale. Osh est également le siège d'un des plus importants bazars de l'Asie Centrale. J'y aperçois des cahiers avec la photo de Niyazov, alias le turkmenbashi, le fou qui préside actuellement aux destinées du Turkemistan. Avec le Kazakhstan, il s'agit de l'autre « stan » que je n'ai pas visité. La section consacrée à la viande est particulièrement impressionnante avec les têtes des différents animaux qui y sont en vente.

La cité a la particularité d'abriter une majorité ouzbèke. Le début des années 1990 a ainsi été marqué par des affrontements ethniques mortels entre ouzbeks et kirghizes. En raison de la proximité de la vallée du Ferghana, zone la plus peuplée d'Asie Centrale et la plus religieuse, la ville semble assez conservatrice. Le hijab doit cependant composer avec les jeans taille basse. Je me demande si les voiles islamiques étaient aussi nombreux trois ans auparavant ?

Sunday, September 10, 2006




Non, Ed n'a pas dormi

Malgré les couvertures prêtées par la tchaïkana, le froid et l'humidité me réveillent après moins de trois heures de sommeil. Notre chauffeur se trouve dans la même situation et décide de repartir. Nous sommes de nouveau martyrisés par l'état déplorable de la route; impossible de dormir, malgré notre fatigue. Ed, bloqué contre la porte du 4X4, y parvient, mais ne me croira pas quand je lui assurerai plus tard qu'il a dormi. J'ai pourtant la preuve en image ! Encore une quasi-nuit blanche, la troisième depuis mon départ de France. Le soleil se lève peu à peu sur la campagne kirghize, les villages se réveillent doucement, les troupeaux sont emmenés aux champs. Bienvenu au pays du cheval, dans les cours des maisons, dans les champs, la plus noble conquête de l'homme est omniprésente. Le paysage a également beaucoup changé, la verdure a remplacé le désert de rocailles.

A 6h00, nous arrivons au dépôt de bus de Osh et déchargeons nos sacs. Ils nous restent encore à payer notre solde au chauffeur. Je ne me rappelle plus la somme restant due, mais alors que je lui tourne le dos, le chauffeur nous donne un prix plus élevé. Spontanément, je lui crie : « don't fuck with me (ne cherche pas à me baiser) ». Je me dirige vers Ed et lui rappelle que le conducteur détient nos passeport... Je me retourne ensuite et le chauffeur tout sourire en m'affirme qu'il blaguait... Finalement, il ne nous a pas posé de problèmes, même si nous le suspections de vouloir nous arnaquer d'une façon ou d'une autre. Toujours se méfier d'un gars malin qui parle bien anglais, est une des règles à suivre en voyage.